Dans le sillage de la création, le monde prospérait sous la guidance d'Ahura Mazda et des Sept Amshaspands. Cette ère, connue sous le nom de Première Âge, était caractérisée par la présence de la vérité et de la droiture, où les principes d'Asha étaient respectés et les forces du bien régnaient en maître. Les premiers humains, Mashya et Mashyoi, incarnaient l'idéal de l'humanité, créés à l'image d'Ahura Mazda et dotés de la capacité de faire des choix moraux. Leurs vies étaient entrelacées avec le divin, car ils étaient instruits des lois d'Asha et de l'importance de vivre conformément à ces principes.
Le Première Âge sert d'allégorie pour le potentiel de l'humanité à s'aligner avec la volonté divine, illustrant la croyance que l'existence est imprégnée de but et de signification morale. La pureté de cette ère reflète la compréhension zoroastrienne que la vie est un champ de bataille pour des choix éthiques, où chaque individu a le pouvoir de contribuer à l'ordre cosmique. Les enseignements de Zarathoustra, émergeant durant cette période, soulignaient que les choix de l'humanité ne sont pas seulement personnels mais résonnent à travers le tissu même de la création, influençant l'équilibre entre le bien et le mal.
Durant cette époque, l'humanité existait dans un état de pureté, libre de la corruption qui surgirait plus tard. Les Quatre Éléments—terre, eau, feu et air—étaient vénérés comme des créations sacrées, chacun représentant différents aspects de la vie et de l'existence. Dans la tradition zoroastrienne, ces éléments n'étaient pas de simples substances physiques mais étaient perçus comme des manifestations de la volonté divine, fournissant subsistance et harmonie au monde. L'interconnexion de ces éléments symbolise la vision holistique de l'existence, où chaque aspect de la vie est interdépendant et reflète l'ordre divin établi par Ahura Mazda. L'environnement naturel prospérait, et l'équilibre entre la lumière et l'obscurité était maintenu par l'adhésion à Asha, le principe de vérité et d'ordre.
Les rituels et pratiques établis durant le Première Âge étaient profondément ancrés dans cette compréhension de la sacralité de la création. Ces rituels servaient de rappel de la lutte continue contre le chaos et de l'importance de la communauté dans le maintien de l'harmonie. Le feu sacré, par exemple, symbolisait la pureté et la présence d'Ahura Mazda, et sa préservation était considérée comme essentielle au bien-être spirituel de la communauté. De telles pratiques renforçaient la croyance que le divin était toujours présent dans la vie des fidèles, les guidant vers la droiture.
Les enseignements de Zarathoustra émergèrent durant cette période, renforçant l'importance des choix moraux et le concept de libre arbitre. Il prêchait que l'humanité avait le pouvoir de choisir entre le bien et le mal, et que chaque pensée, mot et acte avait du poids dans la lutte cosmique. Ses disciples étaient encouragés à cultiver des vertus qui s'alignaient avec Asha, promouvant une vie de droiture qui contribuerait à l'ordre cosmique établi par Ahura Mazda. Cet accent sur la vie éthique inspira un fort engagement au sein de la communauté, alors qu'ils cherchaient à incarner les principes de leur créateur divin. Dans certaines versions du mythe, Zarathoustra est dépeint non seulement comme un prophète mais comme une figure cosmique dont les enseignements sont intégrés au tissu même de l'existence, comblant le fossé entre le divin et le mortel.
À mesure que le Première Âge progressait, les défis posés par Angra Mainyu commencèrent à se manifester subtilement dans la vie de l'humanité. Bien que le monde fût encore largement gouverné par Asha, l'Esprit Destructeur cherchait à semer la discorde et la confusion, tentant les individus de s'écarter du chemin de la droiture. Cette influence insidieuse introduisit le concept d'hubris, alors que certains commençaient à remettre en question les enseignements de Zarathoustra et l'ordre divin. Les graines du doute furent semées, menaçant la pureté du Première Âge. Cela reflète un schéma mythologique plus large que l'on trouve dans diverses traditions, où l'émergence du chaos suit souvent l'établissement de l'ordre, servant de test de foi et d'engagement envers les principes divins.
Les Amshaspands, conscients de la présence croissante d'Angra Mainyu, travaillèrent sans relâche pour maintenir les principes d'Asha et protéger l'humanité de l'obscurité envahissante. Ils transmirent sagesse et guidance au peuple, soulignant l'importance de la communauté et de la responsabilité collective dans le maintien de l'équilibre cosmique. Cet aspect communautaire est essentiel dans la croyance zoroastrienne, car il met en lumière l'interconnexion de tous les êtres dans la lutte contre le chaos. Les enseignements de Zarathoustra servirent de phare d'espoir, rappelant à l'humanité ses origines divines et la signification de ses choix.
Le Première Âge était marqué par une coexistence harmonieuse entre l'humanité et le divin, alors que les enseignements d'Asha imprégnaient tous les aspects de la vie. Cependant, la menace persistante d'Angra Mainyu se profilait, annonçant les défis à venir. Dans d'autres traditions, des récits similaires décrivent l'envahissement progressif du chaos après une période initiale d'ordre divin, illustrant un thème universel de la lutte entre la lumière et l'obscurité.
À la fin du Première Âge, le monde se trouvait à un carrefour, où les choix faits par l'humanité auraient des conséquences durables pour l'avenir. L'équilibre entre le bien et le mal devenait de plus en plus précaire, et les enseignements de Zarathoustra seraient bientôt mis à l'épreuve. L'arrivée imminente d'Angra Mainyu annoncerait une grande perturbation, forçant l'humanité à confronter la réalité de ses choix et les conséquences qui en découleraient. Ainsi, le décor était planté pour le drame en cours de la bataille cosmique, où les forces de la lumière et de l'obscurité s'affronteraient dans une lutte pour l'âme de la création. Ce récit sert non seulement de fondement à la croyance zoroastrienne mais résonne également à travers diverses mythologies, soulignant le conflit éternel entre l'ordre et le chaos, et l'impératif moral imposé à l'humanité de choisir sagement face à l'adversité.
