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5 min readChapter 3Europe

La Première Ère

À la suite de la création, le monde entra dans sa première ère, une période caractérisée par la prospérité et l'épanouissement de la vie. Les ancêtres du peuple hongrois, ayant été façonnés par Teremtő à partir de l'argile de la terre, embrassèrent leurs rôles de gardiens de la terre. Sous le regard vigilant de l'oiseau Turul, ils formèrent des communautés, établissant une société ancrée dans les principes de coopération et de respect de la nature. Cette époque était marquée par la célébration des éléments, alors que les ancêtres honoraient la terre, l'eau, le feu et l'air, reconnaissant leur interdépendance et l'équilibre qu'ils apportaient à la vie. Cette compréhension du monde naturel n'était pas simplement un reflet de leur environnement, mais un profond hommage à la présence divine dans tous les aspects de l'existence.

Dans cette ère dorée, des créatures mythiques parcouraient la terre, incarnant les esprits de la nature et servant de gardiens de l'équilibre établi par Teremtő. Parmi elles se trouvait le Fanyűvő agile, un esprit de la forêt qui guidait les ancêtres dans leur relation avec le bois, et le majestueux Tűzmadár, un oiseau de feu qui apportait chaleur et lumière aux nuits les plus froides. Ces êtres étaient vénérés non seulement comme protecteurs, mais aussi comme enseignants, transmettant sagesse et conseils au peuple alors qu'il naviguait dans son existence. Dans certaines versions du mythe, il est dit que le Tűzmadár est descendu des étoiles, symbolisant la connexion entre le céleste et le terrestre, soulignant davantage la croyance que les ancêtres faisaient partie d'un ordre cosmique plus vaste.

Le cheval sacré émergea comme une figure centrale de cette époque, symbolisant la force, la liberté et le lien entre les humains et la nature. Les ancêtres vénéraient le cheval comme un don des cieux, une créature qui les reliait au divin. Les rituels centrés autour du cheval devinrent courants, avec des cérémonies célébrant son esprit et le rôle vital qu'il jouait dans leur vie. On croyait que le cheval pouvait traverser les royaumes du divin et du mortel, portant des messages entre les deux mondes et veillant à ce que les ancêtres restent connectés à leur héritage divin. Cette vénération pour le cheval reflète un contexte culturel plus large dans lequel les animaux étaient perçus non seulement comme des compagnons ou des travailleurs, mais comme des participants intégrants dans le tissu spirituel et social de la vie.

Alors que les ancêtres prospéraient, ils commencèrent également à explorer leur identité, forgeant une compréhension plus profonde de leur place dans le cosmos. Ils développèrent une riche tradition orale, transmettant des histoires de création et les actes de leurs ancêtres, veillant à ce que la sagesse de leurs prédécesseurs ne soit pas oubliée. Ces récits servaient non seulement de moyen de préserver leur histoire, mais aussi de source d'inspiration, guidant les ancêtres alors qu'ils faisaient face aux défis de leur existence. L'acte de raconter des histoires lui-même était considéré comme sacré, un rituel qui renforçait les liens communautaires et la compréhension partagée de leurs origines et de leur but.

Le lien entre les ancêtres et l'oiseau Turul se renforça durant cette époque, alors que l'oiseau devenait un symbole d'espoir et de guidance. Le peuple regardait souvent vers le ciel, cherchant la présence du Turul comme un signe de faveur divine, un rappel qu'ils n'étaient jamais seuls dans leur voyage. Les cris de l'oiseau résonnaient à travers les vallées, inspirant courage et résilience alors que les ancêtres naviguaient à travers les épreuves de la vie. Dans diverses traditions, le Turul est dépeint comme un précurseur du destin, guidant les ancêtres vers leur avenir et leur rappelant leurs responsabilités envers la terre et les cieux.

Cependant, l'harmonie de cette première ère n'était pas destinée à durer. Alors que les ancêtres célébraient leur connexion au divin, des murmures de mécontentement commencèrent à émerger parmi eux. L'abondance de la terre et les bénédictions de Teremtő conduisirent à un sentiment de complaisance, et l'équilibre qui avait été établi commença à vaciller. Les ancêtres firent face à la tentation de s'écarter des lois imparties par le Créateur, risquant l'harmonie qu'ils avaient si durement maintenue. Cette tension reflète un thème commun dans la mythologie, où l'état initial de bonheur est souvent perturbé par la folie ou l'orgueil humain, menant à un cycle de défi et de croissance.

Cela annonçait les défis qui surgiraient bientôt, alors que les forces du chaos s'agitaient à nouveau, cherchant à perturber la paix qui avait été cultivée. Les ancêtres, inconscients des épreuves à venir, continuaient de prospérer, ignorant que leurs actions conduiraient à l'effondrement de la première ère et au début d'un grand bouleversement. Dans certaines versions du mythe, il est dit que les éléments mêmes qu'ils avaient autrefois célébrés commencèrent à montrer des signes de détresse, comme s'ils répondaient à la déconnexion croissante des ancêtres de leurs devoirs sacrés.

Alors que les ancêtres se réjouissaient dans leur ère dorée, le décor était planté pour la grande perturbation qui modifierait le cours de leur destin. L'oiseau Turul, toujours planant au-dessus, sentit la tempête imminente, prêt à guider le peuple à travers les épreuves qui les attendaient. L'harmonie de la création, autrefois promesse de stabilité, faisait maintenant face à la menace du chaos, et l'héritage de Teremtő était en équilibre. Ce récit sert de conte d'avertissement, illustrant la nécessité de vigilance et d'humilité face à la prospérité, une leçon qui résonne à travers les âges et continue d'informer la conscience culturelle du peuple hongrois.