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Avant le Monde

MYTHOLOGIE : La Création du Monde (Égyptien)
CHAPITRE 1 : Avant le Monde

Au commencement, avant que le soleil ne projette sa première lumière sur la terre, existait Nun, les eaux primordiales du chaos. Nun était une vaste étendue informe, un abîme sombre et silencieux qui enveloppait tout dans ses profondeurs. Dans ce vide aquatique, il n'y avait ni structure, ni terre, ni vie ; seulement le potentiel de création reposait en dormance, attendant le moment où l'ordre émergerait du chaos. C'est dans cet état de non-existence que la première étincelle divine allait s'enflammer, annonçant la naissance du cosmos.

Les Égyptiens croyaient que Nun englobait toutes choses, un ventre cosmique d'où tout finirait par surgir. Cet état chaotique n'était pas simplement un manque de forme ; c'était un potentiel riche et fertile, grouillant de la vitalité de la vie encore à naître. Nun était souvent représenté comme une masse d'eau sombre et tourbillonnante, symbolisant à la fois le mystère et le danger de l'inconnu. Dans ce chaos primordial, les graines de la création attendaient leur moment, un moment qui nécessiterait une volonté divine pour transformer le silence en chant.

Le mythe de Nun sert de récit fondamental qui explique la nature même de l'existence. Il postule que de chaos naît l'ordre, un thème qui résonne à travers la cosmologie égyptienne. Les anciens Égyptiens comprenaient leur monde comme étant issu d'un état primordial, reflétant leurs croyances sur la nature cyclique de la vie et de la mort, de la création et de la destruction. Le chaos de Nun représentait non seulement l'absence de forme mais aussi le potentiel de tout ce qui allait advenir, incarnant la croyance que la vie naît des profondeurs de l'incertitude.

Au fur et à mesure que la légende se déroule, il est dit que des profondeurs de Nun surgit Atum, le premier dieu, qui émergea des eaux dans un moment de profonde signification. L'émergence d'Atum n'était pas seulement un acte physique ; elle symbolisait le premier souffle de vie, un événement transformateur qui allait façonner le tissu même de l'existence. L'acte de s'élever des eaux était une déclaration de sa souveraineté sur le chaos, affirmant qu'à partir du vide informe, l'ordre serait établi.

Atum, incarnant à la fois le créateur et la création, devint l'architecte du monde. Il regarda autour de lui et reconnut le vide de Nun, réalisant qu'il ne pouvait pas exister en isolement. Ainsi, il contempla la nécessité de compagnons, des êtres qui partageraient le récit en cours de création. Les pensées d'Atum commencèrent à se manifester dans la réalité, alors qu'il transformait sa volonté en action, signalant le début d'une nouvelle ère.

Dans certaines versions du mythe, Atum créa ses premiers enfants, Shu et Tefnut, qui représentaient respectivement l'air et l'humidité. Ces deux divinités étaient cruciales, car elles aideraient à former le monde tel qu'il serait connu. L'acte de leur création n'était pas simplement un acte de procréation ; c'était une étape essentielle pour établir l'équilibre nécessaire à la vie. Avec Shu et Tefnut, Atum initia le processus de transformation des eaux chaotiques de Nun en un cosmos structuré.

Le symbolisme de Shu et Tefnut s'étend au-delà de leurs rôles en tant que forces élémentaires ; ils incarnent les principes fondamentaux de l'existence que les anciens Égyptiens vénéraient. Shu, représentant l'air, était associé au souffle vivifiant, tandis que Tefnut, en tant qu'humidité, signifiait fertilité et subsistance. Ensemble, ils illustraient l'interconnexion des éléments qui soutiennent la vie, renforçant la croyance que l'harmonie entre ces forces était vitale pour l'épanouissement de la création.

Alors que Shu et Tefnut s'avançaient des eaux primordiales, ils commencèrent à séparer les éléments de la création. La séparation du ciel et de la terre était un acte monumental, créant un espace pour que la vie s'épanouisse. L'air, représenté par Shu, s'éleva au-dessus, tandis que Tefnut, l'humidité, se fixa en dessous, formant la fondation sur laquelle le monde serait construit. Cet acte de séparation était un décret divin, une étape nécessaire pour établir l'ordre qui régirait l'existence.

Ainsi, le paysage de la création commença à prendre forme, avec l'émergence de terres s'élevant des eaux du chaos. La première terre, connue sous le nom de pierre Benben, surgit des profondeurs de Nun, symbolisant la stabilité et le début de la vie telle qu'elle serait connue. Ce mont sacré devint un point focal dans la cosmologie égyptienne, représentant le lieu de naissance du soleil et le berceau de la civilisation. La pierre Benben était souvent associée au dieu solaire Ra, entrelaçant davantage les thèmes de la création et de la renaissance dans la vision du monde égyptienne.

Alors que le récit de la création se déroulait, l'interaction entre Nun, Atum et les divinités émergentes illustrait le cœur de la croyance égyptienne : de chaos émerge l'ordre, et de l'obscurité émerge la lumière. Le monde était à l'aube d'une transformation, et alors qu'Atum initiait la prochaine phase de la création, la scène était prête pour la naissance des dieux qui gouverneraient le cosmos. D'autres traditions décrivent la création de divinités supplémentaires, telles que Geb, la terre, et Nut, le ciel, qui enrichiraient encore le panthéon et le récit de l'existence.

Ce cadre mythologique se connecte à des schémas plus larges observés dans diverses cultures, où les récits de création commencent souvent par un vide chaotique d'où l'ordre est établi. Le mythe de la création égyptien, avec son accent sur le pouvoir transformateur de la volonté divine, reflète une compréhension universelle du cosmos comme un jeu dynamique entre chaos et ordre. Le voyage du chaos à l'ordre ne faisait que commencer, menant au prochain acte de création, où les dieux prendraient leur place dans la hiérarchie céleste, chacun contribuant à l'histoire continue de l'existence.